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Poème composé au Kommando d’Hersbruck

Un poème venu du Revier d’Hersbruck En octobre 2017, Jimmy TUAL (AFMD22) a rencontré Jean-Christian PETTRÉ à Plestan, fils et petit-fils de déportés. Son grand-père Henri CLÉMENT est membre du Réseau Pat O’Leary et arrêté à Pontivy. Il est déporté à Auschwitz, Buchenwald puis Flossenbürg. Il est affecté au Kommando d’Hersbruck. Malade, il entre au Revier où compose ce poème pour son camarade Joseph DEYME en date du 2 février 1945 : "L’obscurité distille un noir linceul De brume enveloppant la triste horde. (...)

La libération de Le Boëtté jean-Etienne

La libération La guerre est finie. Les Américains tirent sur les S.S. Nous, on s’est couchés par terre pour Ne pas déranger leur tir. Les balles passent à quelques centimètres Au-dessus de nous, mais nous, On s’en fout, La guerre est finie. un morceau de pain dans ma poche, Je le mange. Je peux le manger maintenant, je m’en fous, J’aurais plus faim. La guerre est finie. Nous sommes le 14 avril 1945 ; il est midi et demi. Je pèse trente-deux kilos, Je m’en fous, La guerre est finie, (...)

La grande nuit (Ravensbrück)

La grande nuit (Ravensbrück) est une oeuvre regroupant les poèmes inédits et textes de Micheline Maurel (1916- 2009) sur une musique originale de Joseph Kosma.(1905-1969) Les textes sont dits par Sylvia Monfort, Emmanuelle Riva, Catherine Sellers et Jany Sylvaire. L’orchestre est dirigé par Serge Baudo. En 1975, sous le titre "Il faudra que je me souvienne" il est ré-édité pour le 30e anniversaire de la libération des camps (réédition en 1985 par Le Chant du Monde ). Les poèmes également (...)

Mais qui demain se souviendra,...

Quand libérés des camps marqués par la souffrance Nous rentrions en France le corps meurtri de coups, Te souviens-tu, ami, ces flonflons, ces discours Avec bouquets de fleurs et encore et toujours… Alors que nous portions en nous, en ces jours de victoire, Les copains disparus aux feux des crématoires. Mais qui demain se souviendra De ceux d’Ellrich ou de Dora. Le pays tout entier, en découvrant l’horreur Bâtit des monuments et versa quelques pleurs. Rescapés de (...)

Amis, dessous la cendre

De Serge Utgé-Royo album "Les cités du soleil " (1989) Refrain : Amis, dessous la cendre Le feu va tout brûler La nuit pourrait descendre Dessus nos amitiés Voilà que d’autres bras tendus S’en vont strier nos aubes claires Voilà que de jeunes cerveaux Refont le lit de la charogne Nous allons compter les pendus Au couchant d’une autre après-guerre Et vous saluerez des drapeaux En priant debout sans vergogne au Refrain La nouvelle chasse est ouverte Cachons nos rires basanés Les mots s’effacent (...)

La Voix du Rêve

Quand revient le moment du rêve, Que peu à peu le Block entier s’endort, Dans le soir qui s’achève, Quand le vent de la nuit vient pleurer près des miradors, Parfois en notre âme un peu lasse, Monte soudain un trouble sans pareil, C’est comme un gai refrain qui passe, C’est comme un rayon de soleil. Refrain Écoutez c’est la voix du rêve, Qui revient chanter en nos cœurs, Déjà l’aube se lève, Présageant pour l’avenir des jours meilleurs, Miradors, barbelés, brimades, cela n’est plus que des souvenirs amers, (...)

A Compiègne, 1943.

I De tous les coins de France, Nous sommes arrivés Ramassés par malchance Nous voilà prisonniers. Certains se désespèrent Et se font des soucis, Oublions nos misères, Tous en chœur chantons ceci : Refrain À Compiègne, à Compiègne, Dans ce camp partout cerné De barbelés. À Compiègne, à Compiègne, Nous avions pour tout décor Des miradors À Compiègne, à Compiègne, Du matin jusqu’au soir On vit dans l’espoir. Aussi le moral est bon, Car bientôt nous partirons De Compiègne. II Dans ce lieu d’infortune (...)

« Ce cœur qui haïssait la guerre… »

Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille ! Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit, Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine. Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent, Et qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne, Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat. (...)

Chant des partisans

« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ? Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme. Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes. Montez de la mine, descendez des collines, camarades ! Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades. Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite ! Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite... C’est nous qui brisons les barreaux des prisons (...)

Soif

" Lorsque nous quitterons ce dantesque décor, Lorsque les horizons seront devenus bleus, Ma sœur, il nous faudra nous souvenir encore De nos rêves mort-nés dans le soir nébuleux. Mais retrouveras tu la maison familière Et ce goût de bonheur qui mûrissait en toi Ainsi qu’un fruit pulpeux tout gorgé de lumière Et n’aura-tu pas soif et n’auras-tu pas froid Comme dans les wagons plombés de la misère Lorsque nous haletions au rythme des convois Dans le petit matin putride et délétère Où nous (...)

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