Le 28 janvier 2010, une centaine de lycéens du lycée Marie de Champagne de Troyes ont assisté à une représentation de "Paroles de déportés" interprété par CLAC compagnie.
Intentions intimes
Faire entendre ces « Paroles de déportés » m’apparaît comme une nécessaire tentative
de réponse à plusieurs interrogations qui me traversent.
Face à l’évènement historique que constitue la déportation, à cette destruction massive
de l’homme par l’homme, je ne peux m’empêcher de me demander “Pourquoi ? Comment
est ce possible ?”.
En absence de réponse satisfaisante, je me suis intéressé à ce que ces hommes et ces
femmes déportés ont su faire émerger de telles circonstances.
L’engagement sans faille de certains d’entre eux, leur résistance physique, mentale, intérieure
me touche profondément ; que de force et de courage pour refuser toujours
l’inacceptable !
La découverte de leurs poèmes m’a séduit par ce qu’elle prouve de notre capacité à
nous, individus, à être toujours maîtres de nos vies, à rêver, à s’évader.
Faire entendre ces paroles c’est aussi pour moi inviter le spectateur à reconsidérer ces
“victimes, déportés, disparus, morts” noyés sous un fl ot de chiffres et de termes génériques.
Il s’agit de redonner vie à des fragments individuels : le temps du poème, une
personne s’exprime, qu’il est important d’écouter.
Je souhaite que chaque membre du public se trouve confronté à cette série d’individus,
porteurs chacun à leur manière de richesses vives, de paroles fortifi antes.
A l’heure où les derniers témoins vivants des camps de concentration disparaissent, il
me semble primordial de se faire le relais de leur mémoire, sensiblement et pas seulement
scientifiquement.
Faire entendre ces paroles c’est aussi tenter de concerner chaque spectateur, jeune et
moins jeune, afi n qu’à son tour, il puisse ne pas oublier.
La poésie ici est encore l’occasion de respirer un air nouveau, pur et apaisé.
Au-delà des
images sombres amenées dans ces vers, entendons y ensemble un grand espoir.
Laurent Cyr
Porteur du projet artistique - acteur




