La Journée Nationale à la Mémoire des Victimes des Crimes Racistes et Antisémites de l’Etat Français et d’Hommage aux "Justes" de France


La journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux "Justes" de France répond au souhait de voir reconnaître officiellement la responsabilité du régime de Vichy dans les persécutions et les crimes contre les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-45).

Deux textes fixent les modalités de cette commémoration nationale.

Décret no 93-150 du 3 février 1993 instituant une journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites commises sous l’autorité de fait dite "gouvernement de l’Etat français" (1940-1944)

NOR : ACVX9310849D

Le Président de la République, Vu l’ordonnance du 9 août 1944 relative au rétablissement de la légalité républicaine sur le territoire continental, notamment son article 7, Sur le rapport du Premier ministre, du ministre de l’intérieur et de la sécurité publique et du secrétaire d’Etat aux anciens combattants et victimes de guerre,

Décrète :
Art. 1er. - Il est institué une journée nationale à la mémoire des victimes des persécutions racistes et antisémites commises sous l’autorité de fait dite <> (1940-1944). Cette journée est fixée au 16 juillet, date anniversaire de la rafle du Vélodrome d’Hiver à Paris, si ce jour est un dimanche ; sinon elle sera reportée au dimanche suivant.
Art. 2. - Chaque année, à cette date, la République organisera une cérémonie officielle à Paris devant le monument qui sera érigé à l’emplacement de l’ancien Vélodrome d’Hiver. Une cérémonie analogue aura lieu au chef-lieu de chaque département à l’initiative du préfet, ainsi que devant les stèles visées à l’article 3 ci-après.
Art. 3. - Le secrétaire d’Etat aux anciens combattants et victimes de guerre constituera un comité chargé de l’érection, aux frais de la République : - d’un monument à Paris, à l’emplacement de l’ancien Vélodrome d’Hiver ; - d’une stèle à l’emplacement de l’un des camps de regroupement, proposé par le comité précité ; - d’une stèle à la Maison d’Izieu (Rhône). Le même comité établira le texte qui figurera sur une plaque souvenir apposée aux frais de la République au chef-lieu de chaque département. L’emplacement de cette plaque sera choisi en accord avec les autorités communales compétentes. Les associations qui ont pour objet d’entretenir le souvenir des victimes seront représentées dans ce comité.
Art. 4. - Le Premier ministre, le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, le ministre de la défense, le ministre des départements et territoires d’outre-mer et le secrétaire d’Etat aux anciens combattants et victimes de guerre sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 3 février 1993.

Président de la République FRANCOIS MITTERRAND
Le Premier ministre, PIERRE BEREGOVOY
Le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, PAUL QUILES
Le ministre de la défense, PIERRE JOXE
Le ministre des départements et territoires d’outre-mer, LOUIS LE PENSEC
Le secrétaire d’Etat aux anciens combattants et victimes de guerre, LOUIS MEXANDEAU

La loi n° 2000-644 du 10 juillet 2000 reprend et modifie le décret de 1993, en y ajoutant un hommage aux "Justes" de France.

J.O. Numéro 159 du 11 Juillet 2000 page 10483

Lois

LOI n° 2000-644 du 10 juillet 2000 instaurant une journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux « Justes » de France

NOR : JUSX0003990L

L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté,

Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Article unique

Il est institué une journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux « Justes » de France qui ont recueilli, protégé ou défendu, au péril de leur propre vie et sans aucune contrepartie, une ou plusieurs personnes menacées de génocide.

Cette journée est fixée au 16 juillet, date anniversaire de la rafle du Vélodrome d’hiver à Paris, si ce jour est un dimanche ; sinon, elle est reportée au dimanche suivant.

Chaque année, à cette date, des cérémonies officielles sont organisées aux niveaux national et départemental, dans des conditions fixées par décret en Conseil d’Etat.

La présente loi sera exécutée comme loi de l’Etat.

Fait à Paris, le 10 juillet 2000.

le Président de la République : Jacques Chirac
Le Premier ministre, Lionel Jospin
Le garde des sceaux, ministre de la justice, Elisabeth Guigou
Le ministre de l’intérieur, Jean-Pierre Chevènement
Le ministre de la défense, Alain Richard
Le secrétaire d’Etat à la défense chargé des anciens combattants, Jean-Pierre Masseret

Mis à jour : samedi 24 avril 2010