Résister à Buchenwald, Les Français et la Résistance à Buchenwald – 1943-1945 140 p., Ed. Tirésias, Paris, 13 euros.
Préfacé par le Ministre délégué aux Anciens Combattants, H. Mékachera, postfacé par le Pr. Knigge, directeur de la Fondation des Mémoriaux Buchenwald et Mittelbau-Dora, ce livre présente le savant mélange des interventions d’historiens et de témoins lors de la journée d’étude du 3 juin 2005 au Conseil économique et social organisé par l’Association Buchenwald-Dora, sur Les Français et la Résistance à Buchenwald.
Animés par les historiens D. Peschanski et C. Levisse-Touzé, les contributions et débats, présentés par G. Ducoloné, président d’honneur de l’association conceptrice, ont porté sur trois thèmes :
- la situation des Français dans ce camp lors des premiers convois,
- la résistance dans le camp et la journée de sa libération le 11 avril 1945.
- L’analyse quantitative et qualitative des convois de Français et de leurs transferts, abordée par C. Cardon, T. Fontaine et A. Sellier, montre que ces déportations s’insèrent dans la phase de massification de la déportation (1942-44) marquée par la prédominance de l’exploitation d’une main-d’œuvre esclave pour l’économie de guerre allemande.
Mme I. Seidel, historienne allemande, présente les 27000 femmes des kommandos extérieurs (cf. l’exposition Les femmes oubliées de Buchenwald).
C. Orlowski, professeur d’histoire, retrace l’atmosphère du block 34 - dans lequel son grand-père a pu côtoyer C. Pineau et B. Taslitsky.
O. Lalieu, historien, analyse l’organisation clandestine française, le Comité des intérêts français, présidé par F-H. Manhès, colonel de la France libre, dont le secrétaire est M. Paul, arrivant d’Auschwitz, syndicaliste (SG de la Fédération de l’Eclairage), ayant dirigé l’Organisation spéciale (future FTP).
C. Cognet, réalisateur de deux films "L’atelier de Boris " (Taslitsky) et "Quand nos yeux sont fermés", rend compte de la création artistique des déportés cherchant à maintenir vive l’expérience directe de la présence pleine de ce qui est, soulignant d’ailleurs le peu de consécration de ces artistes.
P. Le Goupil, s’appuyant sur le livre The Buchenwald Report de D. Hackett (1995) et les témoignages écrits des survivants, élabore les différentes étapes de la journée du 11 avril entre l’ordre de départ des SS et le contrôle de la tour de commandement du camp par les détenus.
P. Ramognino, historien, revient sur cette libération en synthétisant les documents militaires américains dont le rapport de la 12è Armée, réalisé dans les quinze jours suivants, lequel souligne à la fois l’effarement des Américains devant la découverte de l’horreur concentrationnaire mais aussi leur stupéfaction de découvrir que ce camp est, au moment de sa libération, aux mains de l’organisation clandestine des déportés. Pour nous plonger avec rigueur sur ces événements.
ce livre est à commander à
l’association Buchenwald-Dora, 66 rue des Martyrs, 75009 Paris.



